Beaucoup de gens affirment que de nombreuses observations d'ovnis sont dues à des plasmas atmosphériques naturels.

Un plasma, en atmosphère libre, sera nécessairement extrêmement brillant : la formation d'atomes puis de molécules à partir d'ions étant extrêmement exoénergétique, le plasma sera très lumineux (comme le sont les torches plasma industrielles).

J'ai (un tout petit peu) été pilote, mon père a pas mal d'heures de vol, en six ans dans l'Armée de l'air j'ai eu l'occasion de discuter avec des pilotes... Je n'ai jamais entendu parler de boules de feu explicables par des plasmas, sauf peut-être dans le cas de la foudre en boule (qui suit toujours, selon tous ceux qui en ont vu et m'en ont parlé, une décharge violente , c'est-à-dire un éclair).
Mais surtout, en dehors d'une situation orageuse et d'un éclair donnant l'énergie nécessaire, dans la troposphère le plasma atmosphérique naturel, à mon humble avis, n'existe pas :

Pour commencer, qu'est-ce qu'un plasma ?

 C'est un gaz très fortement ionisé, un mélange d'ions et d'électrons (et de gaz non ionisé).

 

CONDITIONS POUR REALISER UN PLASMA ATMOSPHÉRIQUE

Pour réaliser un plasma atmosphérique, il faut ioniser l'atmosphère. Cela réclame une grande quantité d'énergie.

Données : (sources microméga)
liaison O=O : 494 kJ/mol =8,21E-19 J/molécule = 5,13E00 eV/molécule
liaison N=N : 940 kJ/mol = 40,0 eV/molécule

(source : Wilkipedia)
énergie de 1ère ionisation del'oxygène O : 1314 jJ/mol
énergie de 1ère ionisation de l'azote N : 1402 kJ/mol

Pour ioniser une mole d'air :
passer 0,2 mol de O2 à l'état de 0,4 mol de O : 0,2 x 494 = 99 kJ/mol d'air
ioniser 0,4 mol de O : 0,4 x 1314 = 526 kJ/mol d'air

passer 0,8 mol de N2 à l'état de 1,6 mol de N : 0,8 x940 = 752 kJ/mol d'air
ioniser1,6 mol de N : 1,6x1402 =2240 kJ/mol d'air, soit par molécule, l'énergie d'un photon de longueur d'onde 53 nanomètres. (proches rayons X si vous me passez l'expression)

soit au total : 99+526+752+2240 = 3617 kJ/mol
pour ioniser une mole d'air (environ 24 L) il faut 3617 kJ/mol ,

Quelle source pourrait donner cette énergie ? Dans la troposphère, à quelques dizaines de mètres au-dessus du sol, il n'y a que la foudre et le Soleil.

Le Soleil : Sur la base de 1368 W/m2, cette énergie est donnée à un m2 d'atmosphère en (3617.E3/1368 =  2644 s) 44 minutes.

Et encore, mon calcul est bien optimiste. Le flux solaire de 1368 W/m2 correspond à la très haute atmosphère. A basse altitude, il y a 3 à 4 fois moins d'énergie. N'imaginez pas que dans l'air, transparent comme vous le savez, 100 % de l'énergie se concentre sur une même masse d'air représentant 1 mol/m2 (donc sur environ 2,4 cm) pendant 44 minutes.

Par ailleurs, les rayons X, seuls assez puissants pour ioniser l'air (cf ci-dessus) ne représentent qu'une très faible proportion du flux solaire. Donc, si le Soleil peut ioniser quelques molécules d'air et les rendre légèrement lumineuses, il ne peut pas générer ni entretenir un plasma.

La foudre : Depuis le temps que l'homme regarde le ciel et les éclairs, en dehors de quelques très rares cas de foudre en boule, toujours liées à une nature de sol bien précise, on n'a jamais vu de rémanence de plasma lors des orages. Pourquoi y en aurait-il en dehors des orages ? D'où viendraient les puissantes décharges électriques nécessaires à la réalisation du plasma ?

Par ailleurs, les plasmas atmosphériques, nous les fabriquons quotidiennement dans l'industrie, et savons qu'ils ont une durée de vie largement inférieure au dixième de seconde. Comment un plasma pourrait il subsister plus de quelques dixièmes de secondes et être ainsi confondu avec un véhicule ?

L'hypothèse du plasma atmosphérique naturel est totalement gratuite, et pose plus de question qu'elle n'apporte de réponse.

Donc, jusqu'à preuve du contraire (démonstration expérimentale ou théorique), j'ose affirmer que, hors des éclairs, le plasma atmosphérique naturel n'existe pas.

Au fond, cette hypothèse du plasma atmosphérique est aussi gratuite et invérifiable que l'hypothèse extraterrestre. Pire : si elle est pertinente, elle est démontrable expérimentalement et théoriquement. Or elle n'a jamais été démontrée à ce jour, sauf erreur de ma part.
J'admets le scepticisme, je le recommande même face à la profusion des mythomanes au sein des milieux ufologiques. Mais si le scepticisme doit s'appuyer sur des spéculations plus improbables encore que l'hypothèse extraterrestre, il perd sa raison d'être.

Objections possibles

Les aurores boréales ne sont-elles pas des plasmas ?

Question de définition. Telle qu'elle est donnée dans mon dictionnaire, (fluide composé de molécules gazeuses électriquement neutres, d'ions positifs et d'électrons) la définition du plasma s'applique.... à notre atmosphère dans son ensemble.

Par contre, au chapitre "encyclopédie" de ce même dictionnaire, on parle d'un gaz totalement ionisé. Avec cette définition, l'aurore boréale n'est pas un plasma.

Bien sûr, quelques molécules d'air reçoivent suffisamment d'énergie pour s'ioniser (ne serait-ce que par les photons : on a vu plus haut que des photons de 33 nm suffisent à ioniser l'azote, il faut un peu moins d'énergie pour l'oxygène.) Mais il ne s'agit que d'une très faible proportion de l'atmosphère.Les aurores boréales ont une faible luminosité, et sont perceptibles aux poles, justement parce que le ciel y est moins lumineux qu'ailleurs.

Les sprites sont des plasmas : oui. ce sont des éclairs qui se déclenchent au-dessus des cumulo-nimbus, donc, si j'ai bien compris, entre troposphère et ionosphère. Ils ne concernent que la très haute altitude, là où la plupart des avions ne volent pas, et durent une fraction de seconde. Ils ne peuvent donc expliquer AUCUNE observation de Veni.

 

Patrick Gross a fait une étude très détaillée dans laquelle il s'intéresse également à l'hypothèse de la foudre en boule et aux "lumières tectoniques".

A lire impérativement ! http://www.ufologie.net/htm/balllightning01f.htm